Les choses évoluent avec Mich, lentement mais surement. Et ça devient de plus en plus sérieux, même si ça va demander encore du temps mais je crois qu’encore beaucoup nous attendent. On a tous les deux envie de construire quelque chose, et de le construire ensemble.
La meilleure preuve qu’il m’en a donnée, c’est vendredi quand il m’a dit qu’il se sentait enfin prêt à me présenter sa fille. Je sais que c’est très important pour lui et qu’il a mûrement réfléchi sa décision. La dernière fois qu’on avait plus ou moins abordé le sujet, il voulait garder bien distinctes son ancienne et sa nouvelle vie. Trop compliqué pour lui de gérer les deux ensemble. Et puis, à l’époque, il avait encore l’envie ou l’espoir de retourner avec son ex, les choses n’étaient pas très claires pour lui. C’est pour moi la meilleure preuve que les choses deviennent plus claires pour lui, et qu’il a fait une croix sur son ex, qu’il a décidé de ne plus regarder en arrière, mais vers l’avant, avec moi. Cette décision veut dire plein de choses, c’est un pas supplémentaire dans notre relation.
Et le mieux, suite à ça, c’est qu’il m’a demandée de prolonger mon séjour chez lui et de rester jusqu’au dimanche ou au lundi au lieu du vendredi comme initialement prévu. Parce qu’il n’est pas sûr d’avoir sa fille, et que s’il l’a, ce sera l’occasion que je la rencontre enfin. Et avec tout ce qui s’est passé avant, ses doutes et ses remises en question, je ne pensais qu’il prendrait cette décision aussi vite. Il y a réfléchi, pesé le pour et le contre, par rapport à lui, à moi et à sa fille.
Et c’est la chose un peu ironique, c’est qu’on aurait eu 10 ans de moins, le grand moment aurait été la présentation aux parents. Et aujourd’hui, c’est la présentation aux enfants qui importe et qui peut être déterminante. La seule chose qui me rend un peu amère, c’est que je ne pensais pas commencer ma vie de famille avec l’enfant d’une autre.
Même si rien n’est décidé de ce côté-là. Je sais juste qu’il a envie d’avoir d’autres enfants, et il sait que j’en veux. On en a même reparlé un peu hier. Pas d’avoir des enfants mais on en est venu, d’un truc tout con, les chats, à parler de mon ex. Et quand je lui ai dit que c’était surtout son manque d’engagement et d’investissement qui m’avait déçue et menée à la rupture. Il m’a demandée si c’était parce qu’il n’avait pas voulu me faire d’enfant. Oui et non, c’était dans la suite logique des choses et de son attitude. Mon ex n’a jamais voulu devenir adulte du temps où nous étions ensemble, et devenir père l’y aurait contraint, et forcé à quitter sa mère. Terrible ce refus de grandir, de s’investir, de prendre ses responsabilités face à l’autre.
Mich l’a bien compris, je pense. J’étais surprise qu’il me pose la question alors que c’est un sujet qu’on avait déjà abordé mais à une époque où je l’appréhendais très mal et il n’avait pas compris que ça me mette dans tous mes états, et ne voulait plus qu’on en parle. Chose que je n’ai jamais fait, et lui non plus, jusqu’à hier. Le sujet me blesse toujours un peu mais moins, j’ai réussi à prendre de la distance même si ça restera toujours sensible. Je commence à accepter que ça fait partie d’une histoire à deux, que cette histoire est finie et que comme toute relation, elle laisse des traces. Et ce non-bébé restera pour moi le symbole de l’échec de cette relation, pas parce que j’ai 30 ans et pas d’enfant, mais parce que la personne avec qui je voulais faire ma vie à un moment, et qui était censée vouloir faire la sienne avec moi, n’a pas été capable de nous donner la moindre chance. Et ma nulliparité en est l’exemple le plus flagrant.
Alors oui, ça et tout le reste m’a blessée, aigrie, rendue indifférente et « tuée » émotionnellement. Mais petit à petit je commence à intégrer que c’est de notre faute à nous deux, et que ce ressentiment ne doit pas perdurer.
De belles choses m’attendent, avec quelqu’un qui m’aime, qui s’investit, qui me veut à ses côtés, dans sa vie, qui le dit. Et qui a continué à le dire hier après notre conversation. Un adulte, qui me place dans une relation d’adulte. Avec qui je vais peut-être enfin me sentir femme parce que considérée comme une femme, et non plus comme une grande ado, voir même comme un être complètement asexué vers la fin.
Ça fait un an que je suis à un tournant de ma vie, et même s’il n’est pas fini, quelqu’un m’accompagne.
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